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Le plus beau village de l'Aisne : Parfondeval en tête

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Le plus beau village de l'Aisne : Parfondeval en tête

Le plus beau village de l’Aisne, au sens du label, s’appelle Parfondeval : seule commune du département classée parmi Les Plus Beaux Villages de France. Cent quarante-trois habitants, une mare au milieu, des maisons de brique coiffées d’ardoise, une église fortifiée du XVIe siècle. Le reste du département garde pourtant de sérieux prétendants.

Parfondeval, la seule commune labellisée du département

L’association Les Plus Beaux Villages de France réunit plus de cent quatre-vingts communes sur l’ensemble du territoire national. Une seule se situe dans l’Aisne, et c’est aussi la seule des Hauts-de-France : Parfondeval, à l’extrémité orientale de la Thiérache, à quelques kilomètres de la limite avec les Ardennes.

Cette exclusivité régionale explique la fréquentation d’une commune minuscule. Le village absorbe à lui seul la curiosité d’un département de 523 342 habitants, selon le recensement de l’INSEE publié en 2023, dont l’immense majorité des communes sont des villages ruraux bâtis dans la même matière.

Un village de 143 habitants

Le recensement donne la mesure exacte : 143 habitants répartis sur 10,9 kilomètres carrés, soit 13,1 habitants au kilomètre carré (INSEE, 2023). Le département affiche 71,1 habitants au kilomètre carré à la même date. Parfondeval vit donc à moins d’un cinquième de la densité départementale, au milieu des pâtures, des vergers de pommiers et des champs.

Cette rareté humaine n’est pas un détail décoratif. Elle explique l’absence de lotissement pavillonnaire en couronne, de zone commerciale à l’entrée et d’enseignes lumineuses : trois éléments qui disqualifient d’ordinaire un village candidat à un label patrimonial.

Ce que vous découvrez en arrivant

L’accès se fait par une porte de brique qui ouvre directement sur la place. Le regard bute aussitôt sur l’église Saint-Médard, édifice du XVIe siècle flanqué de deux tourelles, typique de l’architecture défensive du secteur. Autour, cinq éléments structurent la visite :

  • La mare centrale, ancien abreuvoir du bétail, devenue le cœur visuel du village.
  • Les maisons de brique rouge couvertes d’ardoise, aux volumes larges, alignées sans rupture de matériau.
  • Le temple protestant du XIXe siècle, trace d’une implantation religieuse minoritaire peu commune dans la région.
  • Le lavoir, conservé dans son état d’usage.
  • Une exposition installée dans l’église, consacrée à l’architecture religieuse fortifiée locale.

Village de brique rouge et d’ardoise autour d’une mare, en Thiérache

Ce que le label récompense, et ce qu’il ne dit pas

Une confusion revient sans cesse dans les recherches : le label ne sort pas d’un ministère. Il est attribué par une association privée, qui sélectionne des communes rurales de petite taille selon la qualité de leur ensemble bâti et le soin apporté à leur espace public. Rien à voir avec le classement au titre des monuments historiques, qui protège un édifice précis et relève de l’État.

Deuxième nuance, décisive pour répondre honnêtement à la question : le label fonctionne comme un seuil, pas comme un palmarès. Aucune commune n’y est déclarée plus belle qu’une autre. Parfondeval n’a donc pas gagné un concours départemental, elle a franchi une barre que les autres villages de l’Aisne n’ont pas demandé à franchir ou n’ont pas obtenue.

Troisième nuance : le label mesure un ensemble, pas une pièce isolée. Un village peut abriter un chef-d’œuvre absolu et rester hors label parce que ses abords sont défigurés, ses réseaux aériens envahissants ou son tissu bâti trop remanié. À l’inverse, un village sans monument majeur peut convaincre par la cohérence de ses toitures et de ses murs.

Retenir cette logique change la façon de préparer une sortie. Chercher « le plus beau village de l’Aisne » mène mécaniquement à Parfondeval ; chercher la Thiérache dans son entier mène à une trentaine de communes qui produisent la même émotion, sans panneau à l’entrée.

La beauté de Thiérache tient à deux matériaux

Le charme des villages du secteur n’a rien d’un hasard esthétique. Il découle d’une géologie et d’une économie agricole, lisibles sur chaque façade.

La brique et l’ardoise

La Thiérache est un pays d’argile. Les briqueteries locales ont fourni pendant des siècles le matériau de base, cuit sur place, dont la teinte oscille du rouge sombre à l’orangé selon le four et le gisement. L’ardoise, employée en couverture, apporte le contraste sombre qui donne à ces villages leur signature visuelle. La pierre de taille, coûteuse à transporter, reste réservée aux encadrements et aux chaînages.

Résultat : une unité chromatique que peu de régions françaises atteignent. Là où d’autres terroirs mélangent calcaire, torchis et tuile, la brique et l’ardoise dominent ici de façon presque exclusive, y compris sur les églises, les granges et les murs de clôture.

La mare, un équipement agricole devenu décor

La mare de Parfondeval n’a pas été creusée pour la carte postale. Elle servait à l’abreuvement des troupeaux dans un pays d’herbe où les bêtes sortaient toute la belle saison. Sa position centrale, au contact de la place et de l’église, traduit une organisation villageoise construite autour du bétail.

Cette logique agricole se lit dans tout le paysage environnant, entre haies, prairies permanentes et vergers de hautes tiges, comme le détaille notre lecture du bocage de Thiérache. Un village de Thiérache se comprend mieux quand vous savez ce que produisait la terre autour.

Mare villageoise bordée de pâtures et de haies dans le bocage de Thiérache

Les autres prétendants de Thiérache

Le label n’épuise pas le sujet. La Thiérache aligne une série de villages dont l’église fortifiée domine encore la place, héritage des guerres de frontière qui ont ravagé le secteur du XVIe au XVIIe siècle. Le décompte le plus souvent avancé tourne autour de soixante-cinq édifices, répartis entre la vallée de l’Oise au nord et celle de la Serre au sud.

Quelques noms reviennent systématiquement dans les itinéraires balisés :

  • Plomion, dont l’église massive occupe la place centrale du bourg.
  • Burelles et Prisces, à courte distance l’une de l’autre, au sud de Vervins.
  • Jeantes, Dohis et Archon, dans le même secteur oriental que Parfondeval.
  • Englancourt et Beaurain, aux abords de Guise, dans la vallée de l’Oise.
  • Aubenton, ancienne place forte proche de la limite ardennaise.

Ces villages de Thiérache se visitent en chapelet, par des routes secondaires étroites, et non en étoile depuis une base unique. Les raisons historiques de ces clochers armés sont détaillées dans notre article sur les églises fortifiées.

Guise mérite une mention à part, en tant que bourg plutôt que village. Le Familistère fondé par Jean-Baptiste Godin y forme un ensemble unique en Europe, ouvert de 10 heures à 18 heures 30 selon les informations pratiques diffusées par le site, avec musée, théâtre et jardins. Le patrimoine industriel et social pèse ici autant que la brique et l’ardoise.

Au sud du département, une beauté d’une autre facture

Sorti de la Thiérache, l’Aisne change de registre. Le sud et le centre du département alignent des villages structurés autour d’un château, d’un donjon ou d’une abbaye, dans une pierre claire qui n’a plus rien de la brique thiérachienne.

Coucy-le-Château-Auffrique s’impose en tête de cette famille. Le site, situé au nord de Soissons, est géré par le Centre des monuments nationaux, qui pratique un tarif d’entrée de 7 euros avec gratuité pour les moins de 26 ans. L’enceinte urbaine, les portes fortifiées et les vestiges de la forteresse composent un ensemble sans équivalent dans la région.

Trois autres noms circulent régulièrement dans les listes de sorties du département :

  • Septmonts et son donjon, à quelques minutes de Soissons.
  • Longpont, organisé autour des ruines de son abbaye cistercienne et de sa porte fortifiée.
  • Condé-en-Brie et La Ferté-Milon, à l’extrême sud, dans un paysage de vignes et de vallées.

Ces destinations relèvent d’une logique de visite différente : un monument majeur, une billetterie, des horaires. Les villages de Thiérache, eux, se parcourent librement. Pour situer ces sites les uns par rapport aux autres, notre panorama des musées et lieux de mémoire de l’Aisne donne les grandes familles de lieux du département.

Ruelle pavée d’un village ancien de l’Aisne bordée de murs de pierre claire

Cinq villages, cinq raisons d’y passer

VillageSecteurSignatureLabel Plus Beaux Villages
ParfondevalThiérache orientaleMare centrale, brique et ardoise, église Saint-Médardoui
PlomionThiérache, sud de VervinsÉglise fortifiée massive sur la placenon
EnglancourtVallée de l’Oise, près de GuiseÉglise fortifiée dominant la valléenon
Coucy-le-Château-AuffriqueNord de SoissonsEnceinte médiévale et vestiges de la forteressenon
LongpontSud du départementRuines de l’abbaye cistercienne et porte fortifiéenon

La lecture du tableau tient en une phrase : le label distingue un ensemble villageois cohérent, quand les quatre autres lignes reposent sur un monument dominant. Deux plaisirs différents, deux durées de visite différentes.

Visiter Parfondeval sans se tromper

Le village se parcourt à pied, intégralement. Le stationnement est gratuit toute l’année, l’itinéraire principal reste praticable en fauteuil roulant, et une aire pour camping-cars se trouve à un quart d’heure de marche, selon les informations publiées par l’association qui décerne le label.

Le circuit de la Chouette

Le circuit balisé du village compte douze étapes et demande environ une heure. Il relie la place, l’église, le temple, le lavoir et les rues bordées de maisons de brique, avec un fil conducteur pensé pour les familles. Un sentier de randonnée de treize kilomètres prolonge la boucle vers les villages voisins, pour une demi-journée complète.

Deux rendez-vous méritent d’organiser la date autour d’eux : le marché fermier du premier samedi du mois, et les visites de l’église accompagnées d’auditions d’orgue, proposées le dimanche en juillet et en août d’après l’office de tourisme de Thiérache.

Quand venir

La lumière fait beaucoup pour la brique. Un ciel bas d’hiver l’éteint, un soleil rasant de fin d’après-midi la réveille. Les mois de mai, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre luminosité, verdure du bocage et affluence modérée.

Deux erreurs plombent régulièrement la sortie. La première : arriver un lundi ou en fin de journée, quand les rares commerces du secteur sont fermés et qu’aucune église voisine n’est ouverte. La seconde : caler Parfondeval en aller-retour depuis Laon ou Saint-Quentin, ce qui transforme une visite d’une heure en deux heures de route.

Le bon format reste l’étape combinée, associant deux ou trois villages fortifiés et une table locale, selon la trame décrite dans notre itinéraire de week-end en Thiérache. Dormir sur place change également le rapport au lieu, les options du secteur étant passées en revue dans notre comparatif des formes d’hébergement.

Prochaine étape : bloquer un premier samedi du mois entre mai et septembre, arriver avant midi pour le marché fermier, puis enchaîner sur Jeantes et Plomion dans l’après-midi. Trois villages, une seule boucle de routes secondaires, et la question du plus beau village de l’Aisne trouve sa réponse personnelle.

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